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Full text of "Un caricaturiste prophète. La guerre telle qu'elle est"

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H.     BERALDI 


Un  Caricaturiste  Prophète 

La  Guerre  telle  quelle  est 

-  * 

prévue  par 

A.    ROBIDA 

il  y  a  trente-trois  ans 

Illustré  de  42  compositions,  dont  7  hors  texte 


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I526 

.  3 

R6 

1916 
|c.l 

ROBARTS 


DORBON-AINÉ 
19,    Boulevard    Haussmann    —    Paris,    IX' 

1916 


Un  Caricaturiste  Prophète 


Copyright  bv  Dorboii-/1im\  1916. 

Tous  droits  de  reproduction,  traduction  et  adaptation 

réservés  pour  tous  pays. 


y 

3 


OUVRAGES    DE    A.     ROBIDA 

EN  VENTE  A  LA   MÊME   LIBRAIRIE 


Les  Vieilles  Villes  des  Flandres  :  Belgique  et  Flandre  française.  1  5  francs 

Cartonné 20     — 

Les  Vieilles  Villes  du  Rhin  :    à   travers    la    Suisse,   l'Alsace, 

l'Allemagne  et  la  Hollande 20     — 

La  Nef  de  Lutèce  povr  tovs  péregrins  et  gentils-homes  voyageans 

es  rves  dv  movlt  vieil  qvartier  du  vievlx  Paris 5     — 

Sur  simili- parchemin ....  12     — 

Le  Cœur  de  Paris  :   Splendeurs  et  Souvenirs 25     — 

Cartonné 30     — 

Le  Vieux  Paris  à  l'Exposition  Universelle  de  1900 12     -^ 

La  Délivrance,   lithographie  originale 6     — 

Le  Vautour  de  Prusse,  album Sous  presse 


Numéro    200.  PRIX   EXCEPTIONNEL   DE   CS  NUMÉRO  AVEC  SUPPLÉMENT   .  75  CENTIMES.  27  Octobre   1883, 


A.    ROBIDA 

KiuACTEL'K   KN   CHIF 


JOURNAL 


HEbUOMAliAIRl 


La  Caricature 

Abonnements  d'un  an,  Paria  et  départements  :  20  francs.  —  Union  postale  :  24  francs.  —  Trois  mois  :  7  francs.  —  Bureaux  ;  7,  rue  du  Croissant. 

LA   GUERRE   AU   VINGTIÈME   SIÈCLE 


LA  GLEUHI-:  DE  UAII.WAV 
Puise  d'unk  bifurcation  impoutante  par  les  troupes  de  railway  d'avant-garde 
Les  locDinoUves-forteresses  blindées  des  Australiens,  lancées  avec  toute  la  vitesse  que  les  capitaines- 
ingénieurs  ont  pu  obtenir  de  leur  propulseurs  électriques,  ont  surpris  et  bousculé  les  premiers  blockhaus 
roulant.s  rencontrés  après  lu  frontière,  et,  soutenues  par  une  division  aérienne,  se  sont  emparées  des 
lignes,  malgré  les  elTorls  désespérés  d'une  division  de  railway  mozambiquoise  et  de  quelques  ballonnets 
blindés. 


H.     BERALDI 


Un  Caricaturiste  Prophète 

La  Guerre  telle  quelle  est 

prévue  par 

A.    ROBIDA 

il  y  a  trente-trois  ans 

Illustré  de  42  compositions,  dont  7  hors  texte 


DORBON-AINÈ 
1 9,    Boulevard    Haussmann    —    Paris,    IX' 

1916 


//  a  été  tiré  de  cet  ouvrage  lo  exemplaires  sur  papier 
impérial  du  Japon,  numérotés  et  signés  par  l'artiste. 


900.  PRIX   EXCBFTI 3N1TEL 


DK   es  NUMERO  AVEC  SUPPLÉMENT      75  CENTIMES.  S7  Octobre  IMS. 


A.    ROBXSA 

KtpACttVm  tN   CHtI 


La  Caricature  = 

AbonncmenU  dut»  an,  Parii  et  dêpartemenU  :  iÛ  franc». —  Lnion  postale  :  2i  tranca. —  Trois  moi»  :  7  Trancg.  —  Bureaux  :  7,  rue  du  CroJstant. 

LA   GUERRE   AU   VINGTIÈME   SIÉGLE 


Pour  expliquer 
la  réimpression  de  cet  Opuscule 


Un  jour  de  1916,  quelques  bibliophiles,  tous  ayant  dépassé  l'âge  de  la 
mobilisation,  étaient  réunis  chez  moi;  naturellement  ils  parlaient 
guerre,  et  aussi  avant-guerre,  préparation  à  la  guerre,  prévisions  sur  la 
guerre,  etc.  On  dévia  sur  les  prophéties,  l'érudition  reprit  ses  droits,  et 
ce  fut  une  revue  générale, de  Cagliostro,qui  n'a  pas  prédit  la  Révolution, 
à  Victor  Hugo,  qui  a  prédit  les  Etats-Unis  d'Europe,  des  ballons-dili- 
gences annoncés  par  les  contemporains  des  Montgoiner(1783)au  bateau- 
poisson  du  Monde  tel  qu'il  sera  (1846),  du  sous-marin  de  Jules  Verne  à 
l'aéronef  de  Robida... 

—  Robida!  —  dirent  plusieurs  assistants  —  ah,  certes,  c'est  un  livre 
de  prophète  que  son  XX'  Siècle  publié  il  y  a  quelque  quarante  an».  Mais 
quelle  lacune,  la  guerre! 

—  Pardon!  si  Robida  n'a  point  prédit  la  guerre  dans  son  livre,  il  l'a 
prédite  au  même  moment  ailleurs,  —  et  de  façon  extraordinaire. 

—  Où  donc? 

—  Aucun  de  vous  ne  sait-ik  plus  que  Robida  a  eu  un  journal  à  lui,  La 
Caricature?  Aucun  de  vous  ne  se  souvient  donc  de  cet  extraordinaire 
numéro  paru  il  y  a  trente  et  quelques  années,  dans  lequel,  en  une  série 
de  dessins  et  en  un  texte  qui  semblèrent  alors  abracadabrants  et  qui 
n'étaient  que  logiques,  il  décrivait  la  guerre  future?  Il  y  avait  là,  déjà, 
des  sous-marins,  des  aéroplanes  de  tous  systèmes,  d'extraordinaires 
«  zeppelins  »  (quel  dommage  que  Robida  n'ait  pas  été  directeur  de  notre 
grand  Etat-major!)  Et  tenez. .. 


(Ici,  ouvrant  une  bibliothèque  documentaire,  je  mis  la  main  sur  la 
fameuse  Caricature  et  sur  l'inoubliable  numéro  du  27  octobre  1883). 

Kt  en  elTet,  il  y  a  toute  la  guerre  moderne  dans  ces  quelques  colonnes  : 
ce  sont  les  automobiles  blindées,  les  obus  colossaux,  les  torpilles,  les 
sous-marins,  les  mines  flottantes,  les  gaz  asphyxiants,  les  pompes  lan- 
çant des  liquides  enflammés,  les  masques  contre  les  gaz,  les  mitrail- 
leuses, les  postes-vigies  contre  les  bombardements  aériens,  les  canons 
contre  aéroplanes.  Tout  y  est.  Jusqu'aux  «Neutres»,  qui,  tranquillement 
installés  à  leurs  balcons,  assistent  aux  combats  aériens  que  se  livrent 
les  belligérants. 

Stupéfaits,  tous  pensèrent  alors  qu'il  fallait  révéler  cette  curiosité. 
J'obtins  de  Robida,  auquel  me  lie  une  amitié  de  vingt-cinq  ans,  l'autori- 
sation de  réimprimer  son  opuscule.  Et  le  voici,  dans  un  format  qui 
permet  de  l'ajouter  au  A'A'"  Siècle  qu'il. complète. 

L'éditeur  a  cru  qu'il  serait  intéressant  de  donner  en  même  temps  un 
chapitre  de  La  Vie  électrique,  où  il  est  traité  des  grandes  manœuvres. 
Le  lecteur  aura  ainsi  en  une  seule  brochure  La  Guerre  actuelle  telle 
qu'elle  a  été  prévue  par  Robida  trente-trois  ans  d'avance. 

H.  Beraldi. 


^  w- 


La  Civilisation  répandant  ses  liieiifaits  sur  les  peuples. 


Le    Conflit    Australo-Mozambiquois 

FAITS   DE  GUERRE   ET  OPÉRATIONS   CHIMIQUES 


Les  temps  nouveaux  sont  veaus,  l'ancien  ordre  de  choses  établi  par 
la  vieille  Europe  s'est  écroulé  en  même  temps  que  l'antique  dominatrice 
du  monde.  L'Europe,  ravagée  par  la  monomanie  guerrière  de  ses  peu- 
plades, a  laissé  échapper  de  ses  mains  séniles  le  sceptre  du  monde,  que 
les  peuples  vigoureux  et  sains  des  jeunes  continents  se  préparent  à 
ramasser. 

La  lutte  aujourd'hui  est  entre  l'Afrique  nouvelle  débordante  de  sève, 
exubérante  de  jeunesse,  et  l'Australie  adolescente. 

L'Amérique,  Tille  de  l'Europe,  comme  celle-ci  l'était  de  la  grande 
aïeule  l'Asie,  l'Amérique  vieillie,  est  dès  à  présent  rejetée  hors  de  la 
lice;  l'avenir  est  aux  nations  constituées  dans  les  vastes  territoires  de 
l'Australie  ou  sur  les  terres  presque  vierges  de  la  grande  Afrique,  par  le 
mélange  de  cent  races  diverses,  fondues  pour  ainsi  dire  à  nouveau  dans 
le  creuset  de  la  nature. 


10 


L'Afrique  et  l'Australie  viennent  de  se  disputer  les  armes  à  la  main 
le  sceptre  du  monde,  dans  un  premier  choc  qui  a  remué  le  continent 
africain  du  Cap  de  Bonne-Espérance  aux  lacs  Nyandza  et  Tanganyika, 
ensanglanté  les  rivages  du  Mozambique,  les  vagues  de  la  mer  des  Indes 
et  les  nuées  courant  au-dessus  des  plaines  mozambiquoises  ou  austra- 
liennes. 


C'est  un  résumé  (idèle  des  terribles  événements  de  la  grande  guerre 
australo-mozambiquoise  que  nous  allons  condenser  en  quelques  pages, 

en     accompagnant     notre 


^:^=^=^- 


récit  d'un  certain  nombre 
de  croquis  recueillis  sur 
les  champs  de  bataille  ter- 
riens, aériens  ou  sous-ma- 
rins, tant  par  des  témoins 
oculaires  dignes  de  foi  que 
par  nous-même,  qui  avons 
eu  l'honneur  de  faire  toute 
la  campagne  en  qualité 
d'aide -de-camp  volontaire 
du  colonel-général  des  Tor- 
pilleurs du  Mozambique  et 
qui,  pour  notre  belle  con- 
duite, avons  été,  six  foi»  en 
trois  semaines,  porté  à  l'or- 
dre du  jour. 


Mobilisation  des  troupes  de    railway. 


CAUSES  DE  LA  GUERRE 

Tout  a  changé  depuis 
que  le  siècle  dernier  a  clos 
l'ère  de  l'ignorance  et  de  la 
barbarie.  Autrefois,  chez  les  anciens  peuples  du  petit  coin  de  terre 
encore  appelé  Europe  sur  les  cartes,  on  ne  guerroyait  guère  qu'entre 
voisins  limitrophes  ou  peu  éloignés.  Pas  de  points  de  contact,  pas  de 
motifs  de  guerre  et  surtout  aucun  moj'en  pour  la  faire  quand  bien 
même  on  eût  voulu. 

La  Science  rapprochant  les  distances,  écartant  les  obstacles,  coupant 
les  isthmes  et  perforant  les  montagnes,  a  créé  des  points  de  contact 


11 


entre  les  peuples  les  plus  éloignés  et  permis  toutes  communications 
amicales  ou  autres.  Immense  progrès! 

Plus  de  barrières!  Plus  de  séparations!  Mais,  des  relations  commer- 
ciales ou  financières  des  peuples  entre  eux,  naquirent  des  motii's  de 
guerre  tout  à  fait  nouveaux.  Les  peuples  ne  luttent  plus  maintenant 
pour  des  motifs  frivoles  et  quelquefois  chevaleresques,  comme  la  protec- 
tion de  quelque  faible  ami  ou  la  défense  de  principes  de  liberté,  mais 
bien  pour  des  raisons  sérieuses,  solides,  le  plus  souvent  sonnantes,  telles 
que  traités  de  commerce  avantageux,  ouvertures  de  marchés,  faveurs 
douanières,    spéculations 

de  Bourse  et  règlement  de  ^i  .^    -  .    .  *-^    'v,        t  P 

comptes  financiers. 

La  guerre  australo- 
mozambiquoise  n'a  pas 
d'autre  origine  qu'un  im- 
mense coup  de  Bourse. 
Profitant  des  embarras 
momentanés  de  la  grande 
nation  africaine  qui  ve- 
nait de  compléter  à  grands 
frais  son  réseau  de  che- 
mins de  fer  et  de  livrer  à 
la  circulation  800.000  kilo- 
mètres nouveaux ,  sans 
parler  de  l'énorme  essor 
donné  aux  autres  travaux 
publics,  un  groupe  de  ban- 
quiers australiens  a,  par 
d'habiles  manœuvres, 
causé  une  panique  à  la 
Bourse  de  Mozambico- 
Ville  et  acheté  une  colos- 
sale quantité  de  rentes 
2  1/2  pour  100  à  35.75. 
L'opération  faite,  le  gou- 
vernementaustralien,  inté- 
ressé dans  la  combinaison  et  agissant  au  nom  du  syndicat,  demanda, 
par  la  voie  diplomatique,  le  remboursement  de  ces  rentes  au  pair,  ce 
qui  devait  produire  pour  lui  un  bénéfice  de  18  milliards  et  demi. 

La  réclamation  australienne  suscita  dans  toute  l'Afrique  un  légi- 
time mouvement  d'indignation.  Le  15  avril  1975,  le  président  de  la  répu- 
blique répondit  par  un  refus  formel  et  convoqua  immédiatement  les 
Chambres  à  Livingstonia,  la  capitale  politique  de  la  grande  république 


La  Hotte  sous-marine  fjardaiit  les  eûtes 


12 


sud-africaine,  assise  dans  une  forte  position,  à  la  pointe  extrême  du  lac 
Tanganj'ika. 


17  auril  1975.  — A  partir  de  ce  jour  les  événements  vont  marcher 
vite.  Deuxième  note  australienne. 

L'Australie  reprend  sa  réclamation  des  18  milliards  et  soulève  une 
autre  question.  Le  Parlement  mozambiquois  ayant,  quelques  années 
auparavant,  élevé  des  droits  sur  les  marchandises  importées  d'Aus- 
tralie,   en    vue    d'empêcher    l'écrasement  des   marchés  africains,  est 

sommé  d'avoir  à   supprimer    complète- 
ment ces  droits. 

L'Australie  donne  trois  jours  au  Mo- 
zambique pour  répondre  et  prévient 
qu'un  refus  sera  considéré  comme  un 
casas  helli. 


Le    grand    ingénieur 
Maréchal  I$lick 


18  avril.  —  Appel  sous  les  drapeaux 
de  tous  les  hommes  en  état  de  porter  les 
armes.  Les  contribuables  mozambiquois 
sont  invités  à  pajer  trois  années  d'impôts 
d'avance. 

—  Qu'est-ce  que  la  Patrie  ? 
—  C'est  l'endroit  où  l'on  paie  ses  contributions. 
La  meilleure  patrie  doit  être  celle  où  l'on  paie  le  moins  en  argent  ou 
en  service  militaire.  Malheureusement  plus  on  va,  plus  on  paie  des  deux 
façons.  Nous  craignons  fort  que  l'homme  du  xxi'  siècle  ne  soittourmenté 
par  les  collecteurs  ou  par  les  recruteurs  de  la  patrie  depuis  le  sevrage 
jusqu'à  70  ans  sonnés,  âge  auquel  on  le  mettra  dans  la  réserve. 

Ce  sont  là  de  légers  inconvénients  de  la  civilisation .  Dans  les  siècles 
barbares,  au  temps  des  armées  de  20.000  hommes,  on  était  quitte  à  meil- 
leur marché.  Tout  augmente,  la  consommation  dechair  humaine  comme 
les  autres  contributions. 

Les  Mozambiquois  ne  murmurèrent  pas. Six  mois  auparavant,  pour 
réclamer  une  toute  petite  liberté  gênée  par  un  ministre,  ils  avaient  fait 
une  révolution.  Cette  fois,  au  premier  appel,  ils  se  rendirent  comme  un 
seul  homme  dans  les  bureaux  des  contributions  et  de  l'impôt  en  nalure 
ou  recrutement. 


19  avril.  —  Revue,  à  Livingstonia,  des  troupes  de  l'armée  active. 
Appel  et  mobilisation  de  tous  les  chimistes  du  territoire. 

Revue,  à  Mozambico-Ville,  des  quatre  divisions  de  torpilleurs. 


L'Epidémie  de  Colonisation 
C'est  une  épidéinie.  Les  Européens  des  diverses  tribus,  pris  de  la  maladie  colonitatrice,  se  disputent 
l'honneur  de  faire  goûter  aux  nations  non  cultivées  les  douceurs  de  notre  culture.  On  demande  des  conti- 
nents, des  archipels  nouveaux  et  au  besoin  de  simples  îlots.  Les  découvreurs  de  chaque  nation 
sont  en  route  et  promènent  à  travers  les  Océans  les  échantillons  de  l'industrie  européenne  les  plus  propres 
à  séduire  les  bons  sauvages.  Par  malheur  la  concurrence  vient  de  passer  et  d'approvisionner  les  clients 
en  canons,  mitrailleuses  et  autres  produits. 

(/.a  Caricature,  N»  305,  31  Octobre  1885) 


15 


Wavril.  ^  Réponse  de  la  république  sud-africaine  à  la  république 
australienne.  Les  réclamations  australiennes  sont  nettement  repoussées 
et  la  revision  des  tarifs  douaniers  refusée. 

L'ambassadeur  australien  se  retire  sur  un  ballon  de  guerre  de 
l'escadre  australietine.  C'est  la  guerre,  on  n'attend  plus  que  la  décla- 
ration officielle. 


L'Elhope  d'acjoubu'hui.—  Il  y  a  des  pièges t  Chacun  cherche  à  causer  le  plus  de  désa- 
gréments possible  à  ses  voisins.  Mon  Dieu,  si  on  pouvait  massacrer  mon  voisin  d'à  côté I 
.Mon  Dieu,  suscitez  entre  mes  deux  voisins  une  bonne  petite  querelle  et  faites  qu'ils  se 
tuent  chacun  500.000  hommes. 

ALMANCK  :  Prononcez  Ligue  pour  l'encouragement  de  la  vivisectioD  humaine. 


Le  Mozambique  se  prépare,  avec  énergie,  à  soutenir  la  lutte.  Il  a 
pleine  conflance  dans  ses  forces.  Un  système  de  torpilles  bien  combiné 
défend  ses  côtes  et  le  Zambèze,  son  grand  fleuve,  contre  l'attaque  des 
forces  navales  sous-marines  de  l'Australie.  Impossibilité  absolue,  pour 


16 


les  navires  ennemis,  de  franchir  les  passes  pour  opérer  un  débarque- 
ment, sans  se  heurter  à  trois  lignes  de  torpilles  très  peu  espacées. 

Tout  est  préparé  pour  repousser  une  attaque  sous-marine  et 
submerger  les  assaillants. Une  attaque  aérienne  aurait  malheureusement 
plus  de  chances;  tous  les  militaires  savent  à  quel  degré  l'imprévu  entre 
dans  les  combinaisons  de  la  guerre  aérienne.  Comment  prévoir  à 
l'avance  l'endroit  précis  d'une  descente  et  comment,  ce  point  même 
deviné,  y  porter  suffisamment  de  forces  pour  s'opposer  avec  efficacité  à 
la  descente,  sans  dégarnir  un  autre  point  sur  lequel  l'adversaire 
pourra  précipiter  son  escadre  volante? 

Et  justement,  les  flottes  aériennes  de  l'Australie  ont  été,  dans  ces 
derniers  temps,  portées  à  un  haut  degré  de  puissance,  et  elles  sont 
commandées  par  des  ingénieurs  du  plus  grand  mérite. 

Travaux  des  Chimistes  de  l'État-Major 


Ces  savants  olïiciers  sont  constamment  occupés  à  ces  grandes  et  belles  reclierches  qui 
font  la  gloire  d'un  pays. 

Les  obus  à  miasmes,  les  boîtes  à  gaz  foudroyants  concentrés,  les  torpilles  et  les  fusées  à 
brouillards  asphyxiants,  ces  sublimes  inventions  sont  sorties  des  laboratoires  du  grand 
Etat- major. 


GRAND  CONSEIL  DE  GUERRE 


L'ingénieur  maréchal  Blick,  commandant  en  chef  les  forces  mozam- 
biquoises,  ce  vieux  guerrier  courbé  par  soixante-cinq  années  d'études, 
a  réuni  dans  son  laboratoire,  à  bord  du  ballon  amiral  le  Ravageur,  tous 
les  chefs  de  l'armée  :  l'ingénieur  général  des  railways  militaires,  l'éner- 


17 


gique  Ballisler,  le  docteur  Clakson,  commandant  en  chef  des  escadres 
aériennes,  le  général  Turpin,  commandant  en  chef  l'armée  de  terre, 
vieille  moustache  blanchie  dans  cent  combats,  le  colonel  ingénieur 
Barbarigo,  commandant  les  perforateurs,  le  général  ingénieur  Colo- 
quintos,  commandant  en  chef  les  torpilleurs  de  ligne,  volants,  souter- 
rains et  sous-marins,  enfin  l'ingénieur  Eugène,  commandant  les 
chimistes  mobilisés. 

Après  trois  heures  de  discussion  secrète,  le  plan  de  défense,  dès 
longtemps  préparé  par  le  grand  ingénieur  maréchal  Blick,  a  été  adopté, 
sauf  légères  modificalions  de  détail,  et  les  ingénieurs  sont  partis  à  toute 
vitesse  pour  prendre  leur  postes  à  la  tête  des  troupes. 


Autrefois 
Escarmouche  i  la  hallebarde.  Rien  que  pour  le  plaisir  on  se  serait  enrôlé  ! 


21  avril.  —  L'escadre  légère  aérienne,  renforcée  par  tous  les  avisos 
et  coureurs  aériens  disponibles,  est  partie  pour  une  croisière  d'obser- 
vation. Au  large,  une  escadrille,  composée  des  ballons  coureurs  les  plus 
légers,  a  dû  gagner  les  côtes  d'Australie  pour  suivre  les  préparatifs  de 
l'ennemi. 

La  plus  grande  activité  règne  dans  les  arsenaux.  La  mobilisation 
des  troupes  de  railway  s'est  opérée  avec  une  précision  extraordinaire; 
«n  13  heures  45  minutes,  tous  les  contingents  étaient  arrivés  à  leurs 
postes  avec  les  offioiers,  ingénieurs  et  électriciens  de  la  réserve  au  grand 
complet.  Les  locomotives  de  guerre  reçoivent  leurs  garnisons  et  char- 


18 


gent  leurs  accumulateurs  électriques.  Les  locomotives  de  l'armée  active 

sillonnentles  voies  ferrées  et  les  routes  le  long  de  la  côte,  les  grosses 

locomotives-blockhaus  et  forte-  ""^''*tir>s^ 

resses  ont  gagné  les  points  stra-  \  ^^^»  A 

tégiques  importants. 


22  avril.  -  L'armée  sous- 
marine  reste  en  rade  de  Mozam- 
bique sur  les  frégates  sous-ma- 
rines à  fleur  d'eau;  elle  a  porté 
ses  avant-postes  à  six  lieues  au 
large.  Sur  le  premier  renflement 
des  côtes,  par  douze  mètres  de 
profondeur,  de  fortes  patrouilles 
éclairent  les  passes  et  des  avi- 
sos sous-marins  poussent  des 
reconnaissances  au  loin;  au  pre- 
mier signal  les  forces  sous-ma- 
rines pourront  se  porter  sur  le 
point  menacé. 


Aujourd'hl'i.  —  Tout  le  monde  sous 
les  armes,  à  la  prussieune  !  mode 
charmante,  délicieuse,  admiral>le,  le 
comble  du  Progrès,  le  couronnement 
de  la  Civilisation.  Les  grands  hommes 
politiques  à  la  mode  du  jour  rêvent 
la  mobilisation  des  papas,  des  myopes, 
des  malades,  des  séminaristes  et  des 
bataillons  scolaires. 


23  avril,  7  heures  du  matin.  —  Un  télégramme  apporte  la  décla- 
ration de  guerre  de  l'Australie. 

7  h.  50.  —  Une  série  de  détonations  épou- 
vantables éclate  au  large  de  la  rade  de  Mozam- 
BicoViLLE;  des  gerbes  d'eau  s'élancent  à  des 
hauteurs  inouïes  et  dessinent  nettement  trois 
lignes  de  conflagration.  Ce  sont  les  torpilles 
qui  sautent.  L'ingénieur  maréchal  Blick,  au 
retour  d'une  reconnaissance  nocturne  dans 
son  ballon  amiral,  a  failli  être  atteint,  à 
300  mètres  d'altitude,  par  une  colonne  d'eau 
et  des  débris  de  roches. 

L'attaque  des  Australiens  a  suivi  de  bien 
près  la  déclaration  de  guerre.  Les  ingénieurs 
mozambiquois  étaient  tranquilles,  les  dépêches 
de  la  flotte  aérienne  d'observation  sur  les  côtes 
australiennes  annonçaient  simplement  une 
concentration  de  troupes  à  Melbourne  et  dans 
quelques  ports. 

Le  gouvernement  australien,  décidé  à  la 
guerre,  avait  très  secrètement  fait  partir  une 
forte  division  sous-marine, avant  même  l'envoi 


AuTHKKois.  —  Modèle 
d'allocution  militaire  : 
Un  colonel  de  mousque- 
taire à  ses  hommes: 

«  Messieurs,  l'affaire 
sera  rude,  tant  mieux, 
nous  n'en  aurons  que 
plus  de  plaisir  à  le 
raconter  à  nos  maî- 
tresses I  » 


19 


de  sa  première  note.  A  l'heure  même  où  la  déclaration  de  guerre  parve- 
nait à  Mozambico-Ville,  le  commandant  du  corps  sous-marin  australien 
recevait  ses  instructions  par  un  fil  spécial  rattaché  au  premier  îlot  télé- 
graphique international  du  canal  de  Mozambique.  Six  volontaires, 
commandés  par  l'ingénieur  électricien  Pipermann,  se  glissaient  dans  la 
chaloupe  torpilleuse  l'Eloiipille  à  travers  les  postes  ennemis,  renversant 
par  une  décharge  électrique,  une  patrouille  mozambiquoise,  et  venaient 
attacher  une  communication  électrique  au  fil  reliant  les  trois  systèmes 
de  torpilles  à  la  côte. 

Prévenu    aussitôt,    l'amiral    australien,    sacrifiant,  pour    ne    pas 
risquer  de  perdre  son  heureuse  chance,  les  braves  de  l' El  ou  pille,  fi^  jouer 


La  Guerre  d'autrefois:  Un  siège.—  Certahienient.  ce  n'c'tait  pas  un  jeu,  les  boulets 
élaient  en  vrai,  mais  ça  ne  manquait  pas  de  pittoresque.  Ouverture  de  la  tranchée  à 
grand  spectacle,  intermèdes  variés  et  apothéose  finale  à  l'assaut. 

sa  batterie  électrique.  Toutes  les  torpilles  disséminées  sur  vingt  lieues 
de  longueur,  sautèrent  d'un  seul  coup.  Deux  frégates  et  huit  avisos 
sous-marins,  surpris  par  l'immense  conflagration,  périrent,  ainsi  que 
quarante  ou  cinquante  navires  de  commerce  appartenant  pour  la 
plupart  aux  nations  neutres. 


23  auril.  —  Complications  dans  le  sud.  L'escadre  australienne  de 


l'Atlantique  que  l'on  croyait  en  Amé- 
rique vient,  au  mépris  du  droit  des 
gens  et  des  traités,  de  jeter  un  corps 
de  troupes  sur  le  territoire  neutre  de  la 
Cafrerie. 

Porl-Nalal  a  été  enlevé  par  une 
surprise  nocturne.  Les  troupes  cafres 
n'ont  opposé  qu'une  faible  résistance, 
et  le  roi  Nélusko  III  s'est  contenté  de 
protester  par  iine  note  adressée  au 
corps  diplomatique.     Les    Australiens, 


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AtJouKO'Hti.  —   l'iir  le    lliuic 
)(auclie,  en  avant,  marche! 


20 


arguant  de  liens  d'origine  entre  les  fondateurs  de  l'ancienne  colonie 
anglaise  Port-Natal  et  l'Australie,  ont  proclamé  l'annexion  de  la 
Cafrerie  à  l'Australie,  tout  en  annonçant  l'intention  de  respecter  les 
droits  deNélusko  III  s'il  se  résigne  franchement  à  reconnaître  la  suze- 
raineté de  la  puissante  Australie. 

Cette  conquête  soudaine  de  la  Cafrerie  donne  aux  Australiens  une 
excellente  base  d'opérations  et  leur  livre  la  clef  des  voies  ferrées  du 
Sud-Oriental  africain,  du  Tombouctou-Congo-Cap  et  de  tout  le  réseau 
mozambiquois . 

Les  hommes  d'Etat  du  Mozambique  voient  maintenant  le  danger 
que  présentent  pour  leurs  voisins  les  petits  pays  neutres,  trop  faibles 
pour  faire  au  besoin  respecter  leur  neutralité  par  les  nations  trop  puis- 
santes et  surtout  trop  peu  scrupuleuses. 


Locomotives  blindées,  de  route  ou  de  raiiway,  enveloppées  par  l'ennemi,  se'formant 
sous  le  feu  en  forteresse  régulière. 

2i  aoril.  —  Les  Australiens  ont  déjà  reçu  des  renforts  à  Port-Natal 
par  voie  sous-marine.  Les  looomotives  de  guerre  des  Cafres,  garnies  de 
troupes  australiennes,  ont  franchi  la  frontière  mozambiquoise  et  se  sont 
emparées  des  passes  des  montagnes  après  un  vif  combat. 

Six  cent  mille  Australiens  ont  quitté  Melbourne  la  nuit  dernière  par 
voie  maritime,  sous-marine  et  aérienne.  L'ingénieur  maréchal  Blick  a 
rallié  tous  ses  corps  d'armée  pour  faire  face  à  l'ennemi.  Les  premiers 
revers,  loin  d'abattre  !e  courage  des  Mozambiquois,  surexcitent  au 
contraire  l'ardeur  guerrière  des  ingénieurs  et  des  soldats. 


25  avril.   —  Mauvaises  nouvelles  du  Sud.  Les  locomotives  austra- 
liennes  poursuivent  leurs  avantages;  écrasant  sous  leur  nombre  les 


Opérations  sous-mabinis 

Les  nottes  sous-marines  australiennes  et  mozanibiquoises  s'abordent  à  50  mètres  de  profondeur. 

Les  éperons  des  cuirassés  australiens  Ianc4:sà  toute  vitesse  parles  propulseurs  électriques  pénètrent 
i  travers  les  plaques  de  blindage  et  coulent  12  navires  ;  mais  les  braves  torpilleurs  sous-marins  du  Mozam- 
bique réussissent,  par  d'habiles  manœuvres,  à  faire  sauter  une  partie  de  la  flotte  ennemie. 


23 


quelques  forteresses  roulantes  espacées  sur  la  frontière  dégarnie,  elles 
ont  gagné  les  grandes  plaines  et  précipité  leur  marche  sur  les  routes  et 

les  voies  ferrées,  vers  les  passes  du 
Monomotapa.  Leur  objectif  est  Zumbo 
sur  le  Zambèze,  point  de  jonction  du 
Tomboucloii-Congo-Cap  avec  les  grandes 
lignes  inozambiquoises  des  lacs. 

L'ingénieur  maréchal  Blick  est  parti 
à  leur  rencontre  avec  800  blockhaus 
roulants,  150.000  hommes  d'infanterie 
de  railvvay  et  une  forte  division  aé- 
rienne. 

De  son  côté,  l'ingénieur -général 
Coloquintos  avec  un  superbe  corps 
sous-marin  remonte  le  Zambèze  sur 
une  flottille  sous-marine,  pour  concou- 
rir à  la  défense  des  lignes  du  Zambèze. 


-K^u-*-  = 


Inuémrl'rCapitaink  de  ballon 
a -son  poste  de  combat. 
L'Ingénieur,  coifTé  du  casque  ù 
lorgnette,  dirige  de  sa  dunette 
blindée  tous  les  mouvements  de 
son  aérostat,  commande  électri- 
quement le  feu  et  la  manœuvre, 
et  fait  jouer  s'il  y  a  lieu  les 
grappins  à  torpilles. 


BATAILLE  DE  ZUMBO 


2i  ai;r/7.  —  Les  Australiens,  arrêtés  pendant  la  nuit  par  les  fusées- 
torpilles  de  l'escadre  aérienne,  ont  pris  vers  quatre  heures  du  matin 
l'offensive  avec  vigueur.  La  grande  masse  des  blockhaus  roulants 
s'est  lancée  sur  les  forteresses  roulantes  des  Mozambiquois,  malgré  le 
feu  épouvantable  vomi  par  les  six  cents  pièces  de  l'artillerie  de  railway 
et  les  deux  ou  trois  cents  pompes  à  mitraille  de  l'escadre  aérienne. 

L'aile  droite  des  Australiens  fut  en 
moins  de  vingt  minutes  culbutée  et  presque 
pulvérisée;  mais  une  division  de  blockhaus 
de  réserve,  conduite  par  l'adjudant  ingé- 
nieur Flashurst.  le  savant  professeur  de 
l'Université  militaire  de  Melbourne,  rem- 
plaça les  locomotives  détruites  et  aborda 
vigoureusement  les  Mozambiquois  haletants 
sous  le  feu  et  très  avariés 

Les  Mozambiquois  qui  se  croyaient  déjà 
victorieux  durent  reculer.  A  cinq  heures, 
au  moment  où  le  grand  ingénieur  maréchal 

Blick    s'avançait  dans   son   ballon  amiral,  Colonel  -  Ingénieur   de 

pour     dégager    les    forteresses     roulantes         railway  menant  ses  loco- 

motives  -  blocKliaiis    au 

démontées  et  faire  avancer  au   milieu    de         combat. 


24 


mille  débris  les  blockhaus  et  lès  fourgons  cuirassés  intacts,  l'artil- 
lerie de  railway  australienne,  reconnaissant  le  pavillon  de  l'ingénieur 
maréchal  dans  la  fumée,  dirigea  tous  ses  coups  sur  le  ballon. 

L'ingénieur  maréchal,  méprisant  trop  le  danger,  se  pencha  un  peu 
hors  de  sa  dunette  blindée  et  reçut  en  plein  corps  un  de  ces  obus  à  la 

superdynamite  que  les 
canons  nouveaux  des 
Australiens  envoient 
avec  une  simple  gar- 
gousse  de  2  grammes. 
L'illustre  ingénieur  ma- 
réchal mourut  sur  le 
coup,  on  ne  retrouva  de 
tout  son  corps  que  de 
simples  boutons  d'uni- 
forme. 

Le  désordre  se  mit 
dans  les  lignes  mozam- 
biquoises.  Coup  sur 
coup,  quatorze  ingé- 
nieurs généraux  furent 
tués.  L'escadre  aérienne 
se  dévoua  et  engagea 
résolument  la  lutte  pour 
laisser  à  l'artillerie  de 
railway  le  temps  de  se 
remettre.  Les  forteresses 
reculaient  pendant  ce 
temps. et  se  reformaient 
en  avant  des  grands  tun- 
nels de  Zumbo  Deux 
compagnies  de  perfora- 
teurs mozambiquois,  arrivés  le  matin  même,  pénétrèrent  dans 
l'immense  remblai  de  Zumbo,  avec  douze  tarières  électriques  marchant 
à  la  vitesse  de  deux  kilomètres  à  l'heure. 

Les  perforateurs  mozambiquois  atteignirent  bien  vite  les  Austra- 
liens et  firent  sauter  quelques  blockhaus,  mais  ils  furent  bientôt 
éventés  et  anéantis  par  des  torpilles-sondes.  A  ce  moment,  comme  les 
Australiens  accentuaient  leur  mouvement,  une  colonne  de  leurs 
blockhaus  routiers,  parvenue,  par  des  chemins  réputés  impraticables  et 
non  gardés,  au  sommet  des  collines  dominant  les  tunnels  ainsi  que  le 
cours  du  Zambèze,  couvrit  les  lianes  des  Mozambiquois  d'un  ouragan 
de  fer. 


Mort  héroïque  du   grand  ingénieur   mnréclinl 
Blicli  à  la  déroute  de  Moyabamba. 


25 


L'ingénieur  mozambiquois,  craignant  d'être  coupé,  battit  précipi- 
tamment en  retraite  sans  pouvoir  faire  jouer  les  torpilles  placées  en 
avant  du  tunnel.  45.000  morts  et  490  forteresses  roulantes  détruites  ou 
prises,  tel  est  le  bilan  de  cette  première  affaire. 

Midi.  —  Les  passes  du  Monomotapa  et  la  ville  de  Zumbo  sont  au 
pouvoir  de  l'ennemi.  La 
division  sous-marine  du 
Zambèze  a  aussi  subi  un 
échec.  Un  corps  austra- 
lien, ayant  remonté  le 
fleuve  à  toute  vitesse 
dans  35  bateaux- étuis 
sous -marins  à  fortes 
machines  électriques,  a 
surpris  les  sous-marins 
mozambiquois  au  mo- 
ment où  ils  faisaient  de 
l'air.  On  ignore  le  chiffre 
des  pertes.  Le  corps 
australien,  renforcé  de 
20  bateaux-étuis  amenés 
par  aérostats,  est  parti 
par  le  grand  canal  du 
Loanga  pour  rejoindre  le 
Zambèze  supérieur  et  ga- 
gner les  lacs. 

27  aoril. —  La  seconde 
armée  australienne  est 
débarquée.  Le  grand  port 
de  Mozambico-Ville  est 
entièrement  bloqué    par 

terre  et  par  mer.    Les  Australiens  veulent  s'en   emparer  et   l'occuper 
fortement  avant  de  marcher  sur  l'intérieur. 

L'armée  mozambiquoise,  ayant  perdu  la  ligne  du  Zambèze,  se 
concentre  à  Mazayamba  pour  couvrir  le  lac  Nyandza  contre  la  première 
armée  australienne.  Un  deuxième  corps  est  en  formation  à  Lucenda,  à 
la  pointe  sud  du  lac  Tanganyika. 


I.cs  sous-marins    austrulieiis   font   sauter 
les  torpilles  mozauibiquoises. 


30  avril.  —  Le  siège  de  Mozambico-Ville  est  poussé  avec  vigueur. 
Deux  faubourgs  ont  été  détruits  par  les  torpilles  de  l'ennemi,  mais  nos 
fusées-torpilles  ont  fait  sauter  une  position  de  l'aile  droite  des  assié- 
geants avec  une  batterie  blindée.  Les  perforateurs  de  l'ennemi,  amorcés  à 


26 


12  kilomètres  des  murs,  ont  déjà  gagné  nos  remparts.  La  garnison  du 
fort  du  Sud,  surprise  cette  nuit,  a  péri  toute  entière.  Honneur  à  ces 
braves  écrasés  sous  leurs  casemates! 

Les  autres  forts  bâtis  sur  le  roc  n'ont  rien  à  craindre  des  perfora- 
teurs, mais  ils  souffrent  beaucoup  des  obus  asphyxiants  de  l'ennemi. 

31  avril .  —  Les  perforateurs  ont  réussi  à  tourner  un  massif  rocheux 
et  à  pénétrer,  à  travers  une  faible  couche  de  terrain  friable,  dans  le 
faubourg  élégant  de  Mozambico.  Le  faubourg  brûle  sur  eux,  mais  le  gros 
des  forces  ennemies  se  prépare  à  l'assaut. 

Le  chimiste  Eugène,  gouverneur  de  Mozambico,  invite  les  habitants 
à  s'enfermer  cette  nuit  dans  leurs  demeures  et  à  en  bien  calfeutrer  toutes 
les  ouvertures.  On  s'attend  à  du  nouveau. 


Oil^^^' 


Les  Perforateurs.  — Tarières  mues  par  rélectricité,  avec  chambre  blindée  pour  15 
hommes,  perforant  les  terres  avec  une  rapidité  de  2  Uilomètres  à  l'heure.  Ingénieuse 
invention  permettant  de  tourner  les  positions  de  l'ennemi  ou  de  I.'aborder  par  en-dessous. 
Très  emploj'és  dans  la  guerre  de  siège  ou  en  rase  campagne,  les  perforateurs  sont  dif- 
ficiles à  éventer,  même  parles  sandes-torpilles. 


Un  fort  courant  magnétique  dirigé  sur  le  front  sud  de  la  place  ayant 
totalement  paralysé  les  défenseurs  des  forts  et  des  bastions,  les  Austra- 
liens se  sont  emparés  sans  coup  férir,  à  dix  heures  du  soir,  de  cette  por- 
tion de  l'enceinte  en  ramassant  18.000  prisonniers;  ils  allaient  s'élancer 
dans  la  ville,  lorsque  le  gouverneur  trouva  le  moyen  de  faire  sauter  leur 
réservoir  d'électricité.  Nos  troupes,  s'élançant  aussitôt  vers  la  colline 
du  réservoir,  trouvèrent  toute  la  division  qui  l'occupait  en  proie  à  la 
plus  violente  attaque  d'épilepsie. 

45  forteresses  roulantes  tombèrent  en  notre  pouvoir;  les  canons 
furent  tournés  sur  l'ennemi,  mais  les  obus  asphyxiants  convergeant  sur 
les  troupes  de  la  sortie  comme  sur  les  Australiens  épileptiques,  nous 


Ol'ÉHATIONS     CHIMIQUES    AU    SIÈGE    DE    MoZAMBICO-ViLLE 

A  la  faveur  de  la  nuit,  quatre  batteries  de  chimistes  sortant  de  la  ville,  et  parvenues  à  bonne  portée  des 
lignes  ennemies;  accablent  les  Australiens  de  fusées  chimiques  produisant  instantanément  un  brouillard 
asphyxiant.  Les  artilleurs  australiens  meurent  sur  leurs  pièces,  un  corps  d'armée  tout  entier  est  anéanti. 

Les  chimistes  sont  pourvus  du  casque  à  tampon  trempé  dans  une  solution,  appliqué  sur  la  bouche  et 
les  narines  ;  grâce  à  cette  précaution,  il  peuvent  impunément  respirer  le  terrible  brouillard  et  s'avancer 
dans  les  retranchements  australiens  où  50.000  soldats  gisent  asphyxiés  sur  le  sol. 


29 


dûmes  battre  en  retraite  en  ramenant  nos  prises  et  en  réoccupant  nos 
bastions  du  sud. 


/"  mai.  —  Toute  l'armée  a  dû  coiffer  le  casque  à  mentonnière  avec 
tampon  trempé  dans  une  solution  chimique  sur  la  bouche,  pour  ne  pas 
souffrir  des  émanations  délétères  d'un  brouillard  asphyxiant  que  le 
gouverneur  et  son  état-major  dé  chimistes  ont  réussi  à  produire.  La 
canonnade  australienne  est  devenue  très  faible,  nos  fusées  à  brouillard 
accablent  les  positions  de  l'ennemi. 


2  mai.  —  35.000  habitants  n'ayant  pas  obéi  aux  prescriptions  du 
gouverneur,  relativement  au  calfeutrage  absolu  des  maisons,  sont 
malades  et  à  peu  près 
perdus.  Les  Australiens 
sont  très  éprouvés;  on 
évalue  leurs  pertes  par 
le  brouillard  à  40.000 
hommes.  Malheureuse- 
ment de  nouveaux  ren- 
forts ont  débarqué  et  le 
général  qui  les  com- 
mande a  donné  à  toutes 
ses  troupes  le  tampon 
chimique  préservateur. 

4  mai.  —  Grande  ba- 
taille aérienne  et  sous- 
marine  au  sud  du  lac 
Nyandza. 

L'escadre  aérienne  des  Mozambiquois  a  pris  l'offensive.  Brûlant  de 
venger  les  revers  de  la  patrie,  elle  s'est  ruée  sur  l'armée  australienne  en 
train  de  lever  des  contributions  de  guerre  dans  les  riches  cités  du 
Nyandza. 

La  flotte  aérienne  des  Australiens,  couvrant  les  forteresses  et 
l'infanterie  de  railway,  a  engagé  résolument  le  duel.  Les  Australiens 
avaient  pour  eux  le  nombre,  mais  les  blindages  en  gutta-percha  des 
ballons  mozambiquois  offraient  beaucoup  de  résistance  aux  obus.  La 
victoire  est  restée  indécise;  après  trois  heures  de  canonnades  épouvan- 
tables et  d'abordages,  les  deux  flottes  à  bout  de  munitions  se  sont  reti- 
rées. 

Pendant  le  combat,  à  quatre  cents  mètres  au-dessous  des  ballons, 
les  flottes  sous-marines  s'abordaient  entre  deux  eaux.  Le  Requin  et  la 


l'etite   escarmouche    d'avaiit-gardc 
dans  un  tunnel. 


30 


Casqi'e  mozambiquois 
Modèle  1975 


Silure,  monitors  sous-marins  mozambiquois,  enfoncèrent  successi- 
vement douze  navires  ennemis;  par  malheur,  la  Silure  ayant  eu  sou 
propulseur  électrique  brisé  par  une  torpille,  fut  entourée  par  quatre 

monitors  ennemis.  Les  sous-marins  refusant 
de  se  rendre,  les  Australiens  sabordèrent  la 
Silure  et  noyèrent  rhéroïq*ie  équipage. 

5  mai.  —  Destruction  par  les  Australiens 
de  toutes  les  usines  des  grands  districts  ma- 
nufacturiers du  Nyandza.  Leurs  grandes  cités 
manufacturières  sont  ravies  ;  elles  avaient 
réclamé  ces  destructions  pour  supprimer  une 
concurrence  dangereuse. 

6  mai.  —  Dans  la  guerre  moderne,  les 
neutres  ont  parfois  la  chance  d'assister,  au 
moment  où   ils  s'y  attendent  le  moins,  à  de 

superbes  combats  aériens.  C'est  ainsi  que  six  ballons  mozambiquois, 
donnant  la  chasse  à  des  aérostats-corsaires  d'Australie,  les  ont  rat- 
trapés pendant  la  nuit  au-dessus  de  Séville  (Espagne). 

L'aflaire  a  été  dure.  Enfin,  grâce  aux  terribles  fusées-torpilles 
des  Mozambiquois,  les  ballons-corsaires  ont 
péri  corps  et  biens.  Deux  églises,  vingt-cinq 
maisons  et  environ  trois  cents  habitants  de 
Séville  ont  été  grièvement  endommagés  dans 
la  lutte;  on  paiera  naturellement  le  dommage 
à  la  fin  de  la  guerre. 


7  mai.  —  Prise  de  Mozambique  par  les 
Australiens.  L'état-major  mozambiquois  a 
sauté  avec  une  partie  des  fortifications,  deux 
cents  bloclihaus  roulants  et  trente  mille  hom- 
mes de  troupes,  par  la  maladresse  d'un  offi- 
cier chimiste,  en  pleine  opération  chimique, 
au  moment  de  l'emmagasinement  dans  des 
cylindres  d'un  gaz  foudroyant  sur  lequel  le 
gouverneur  comptait  beaucoup.  Les  Austra- 
liens ont  pris  possession  des  ruines. 


Casque  mozambiquois 
Casque  en  cuir-liège 
à  couvre-nuque  bouclé 
et  mentonnière;  visière 
vitrée  avec  prise  d'air 
pour  le  service  sous- 
marln,  pouvant  se  rele- 
ver pour  le  service  à 
terre. 


8  mai.  —  Attaque  du  camp  retranché  de  Mazayamba. 


31 


La  navigation  aérienne  a  bouleversé  les  cuuditious  de  la  guerre,  eu  ouvrant  aux 
belligérants  des  champs   de  bataille  illimités. 

Un  corps  d'armée  à  terre  est  obligé  maintenant  de  se  garder  de  tous  les  cAtés,  en 
arrière,  en  avant,  sur  les  flancs,  en  dessous  contre  les  perforateurs,  et  au-dessus  contre 
les  ilottes  aériennes.  Les  villes  les  mieux  fermées  sont  exposées  comme  les  villes  ouvertes 
aux  bombardements  venant  du  ciel. 

Les  neutres  ont  quelquefois  la  chance  d'assister,  au  moment  où  ils  s'y  attendent  le 
moins,  à  de  superbes  combats  aériens;  on  est  à  mille  lieues  des  belligérants,  on  pense 
à  toute  autre  chose  ou  l'on  dort  et  tout  à  coup  une  canonnade  venant  des  nuages,  des 
paquets  de  mitraille  ou  des  éclats  d'obus  vous  réveillent  en  sursaut.  Ce  sont  des  flottes 
aériennes  qui  se  rejoignent,  des  ballons  cuirassés  qui  s'attaquent,  des  torpilles  qui 
éclatent,  des  aérostats  qui  sautent!   Spectacle  magnifique  mais  dangereux  t 


33 


Explosion  du  réservoir  d'électricité 
des  Australiens  et  attaque  d'épilepsie. 


liens,  balayés  par  cette  mitraille, 
tombaient  par  milliers.  Leurs 
masses,  par  malheur,  semblaient 
plus  inépuisables  que  les  fusils 
à  réservoir  des  soldats  de  la 
vaillante  Afrique.  Les  ingénieurs 
australiens  firent  des  prodiges. 
Ils  réussirent  à  amener  à  travers 
la  mitraille  et  par-dessus  mille 
obstacles,  leurs  locomotives  rou- 
tières et  leurs  blockhaus  roulants 
armés  des  énormes  canons  char- 
gés à  la  superdynamite.  Derrière 
les  blockhaus  roulants  l'infan- 
terie se  fraya  passage  jusqu'aux 
lignes  mozambiquoisfs. 


BATAILLE     DE     MAZAYAMBA 

La  plus  grande  bataille  de 
la  guerre  :  800.000  Australiens 
contre  625.000  Mozambiquois; 
l'infanterie  terrienne  et  de  rail 
way  a  manœuvré  en  masses  pro- 
fondes et  excessivement  mobiles 
contre  les  troupes  mozambi- 
quoises  appuyées  à  de  solides 
retranchements  ouverts  de  dis- 
tance en  distance  pour  livrer 
passage  aux  forteresses  de  rail- 
way.  Les  fusils  à  réservoir  de 
l'infanterie  mozambiquoise  cou- 
vraient le  terrain  d'une  trombe 
de  fer  et  de  plomb;  les  Austra- 


I..es  perrorateurs  australiens  pénètrent  dans 
le  faubourg  élégant  de  Mozambico-Ville. 


34 


Les  fusils-pompes  à  baUes  et  à  mitraille  de  l'infanterie  de  railway 
australienne  montrèrent  alors  leur  supériorité,  à  courte  portée,  sur 
n'importe  quels  engins. 


TonPILLEin    VO- 
LANT. —     Monté   sur 
hélicoptère    électri- 
que,    profitant      de 
l'obscurité  pour  es- 
sayer d'atteindre  les 
aérostats  ennemis  en 
se   glissant   derrière 
les  couches  de  nua- 
ges. Si  les  vigies    ennemies  ne  font  pas 
bonne  garde,  un  simple  choc  de  la  tor- 
pille suffira  pour  pulvériser  le  plus  gros 
ballon  cuirassé. 


A  deux  heures  de  l'après-midi,  l'armée  mozambiquoise,  réduite  à 
180.000  hommes,  battait  en  retraite  sur  les  places  fortes  du  lac  du  Tan- 


Abmement  des  MozAMBiQUOis.  —  Kusil  élec- 
trique à  réservoir,  tir  illimité  ;  un  tube  en  gutta- 
perclia  relie  la  chambre  du  fusil  au  réservoir  à 
cartouches  placé  soit  à  la  ceinture,  soit  dans  le 
sac  du  soldat. 


ganyika  ;  l'escadre  aérienne  et  les  forteresses  roulantes  reculant  à  petits 
pas  couvraient  glorieusement  la  retraite. 


La  l'OMI'E  A  Ml- 
TIUILLE   DES  AuSTHA- 

LiENs.—  I.etubed'ap- 
pel  du  fusil  pompe 
s'applique  à  un  ré- 
servoir portatif  pou- 
vant contenir  quinze 
cents  cartouches.  Ar- 
me magnifique  qui 
ifiermet  de  déchaîner 
sur  un  champ  de  ba- 
taille de  véritables 
trombes  de  mitrail- 
les. 

Médaille  d'honneur 
à  toutes  les  exposi- 
tions. 


LE    CONFLIT    AUSTUALO-MOZAMBIQUOIS      -    1 

Batailub  i):î  Mvzvyvmbv.  —  I^a   plus  grande  bataille   livrée  sur  le  sol  africain  depuis  que  les   nations  mélangée 

Les  envahisseurs  australiens,  au  nombre  de  800.000  hommes,  avec  650  ballons  cuirassés  eu  gutta-percha,  12.00( 

biquoises  et  les  gros  blockaus  roulants  sont  pulvérisés  ;  leurs  derniers  défenseurs,  luttant  sur  leurs  débris  avec 


>    DE    GUERRE   ET   OPÉRATIONS    CHIMIQUES 

la  jeune  Afrique  ont   été  initiées  aux   suprêmes  beautés  du  Progri-s   et  de  la  Civilisation, 
imotivet  blindées,  enfoncent  les  lignes    raozambiquoises.   En  deux    heures,  les    forteresses  de  rail way  mozam- 

rgie  do  désespoir,  sont  balayés  par  les  pompes  à  mitraille  australiennes. 


39 


En  garuk  contbk  i.ex  HAt.LONS.  —  Sur  tous  le»  clochers 
et  sur  les  points  élevés  des  villes,  des  postes-vigies  sont 
établis  avec  l'appareil  i  fusées- torpilles,  nuit  et  jour 
braqué  sur  le  ciel. 

Dès  qu'un  bombardeur-aérien  ou  un  aérostat  suspect 
est  aperçu,  les  fusées-torpilles  sifflent  et  vont  bouleverser 
les  nuages  pour  essayer  de  l'anéantir. 


8  mai.  —  f^es  puissances  étrangères  ont  offert  leur  médiation.  L'am- 
bassadeur du  Congo,  M.  le  duc  de  Brazza,  a  rapporté  à  Livingstonia  la 
réponse  des  Australiens.  L'Australie  élève  des  prétentions  exorbitantes: 
25  milliards  d'indemnité,  plus  l'obligation,  pour  la  nation  mozambi- 
quoise,  de  se  fournir  exclusivement  en  Australie  des  matières  pre- 
mières, objets  fabriqués  ou  objets  de  consommation  qu'elle  ne  peut  pro- 
duire elle-même.  Suppression  de  tous  droits  sur  les  marchandises 
mozambiquoises  exportées  pour  l'Australie,  etc. . . 


40 


Torpilleur  d'infanterie,  lançant  sa 
torpille  au  moyen  de  l'appareil  à  téles- 
cope portant  à  vingt-cinq  kilomètres. 
Arme  excellente  pour  les  surprises  à 
longue  portée. 


9  mai.  —  L'Assemblée  nationale  mozambiquoise  a  repoussé  les  pré- 
tentions de  l'ennemi. 

10  mai.  — Retour  offensif  des  Mozambiquois.  Les  Australiens,  con- 
fiants dans  leur  victoire,  n'ayant  pas 
gardé  le  contact  de  l'ennemi,  ont 
été  surpris  au  milieu  d'un  brouil- 
lard asphyxiant  et  bousculés  sur 
les  positions  prises  par  eux  l'avant- 
veille.  La  victoire  est  essentielle- 
ment changeante.  Les  ex-vainqueurs 
ont  perdu  900  forteresses  roulantes 
et  290.000  hommes  en  quatre  heures. 
Les  Blackrifles,  régiments  nègres  du 

O-  /Bimjrr^  Mozambique,  ont   lutté  d'héroïsme 

avec  les  régiments  blancs  et  mu- 
lâtres. 

11  mai.—  Les  Autraliens  battent 
en  retraite.  Le  corps  sous-marin 
qui  avait  remonté  le  Zambèze,  cerné 
dans  un  des  réservoirs  du  fleuve 
mis  à  sec  par  la  levée  des  écluses,  a 
été  obligé  de  se  rendre  après  un  vif 
combat. 

12  mai.  —  Les  torpilleurs  mo- 
zambiquois emmenés  par  l'escadre 


Aujourd'hui.  —  L'ennemi  à  trois  lieues, 
on  ne  voit  rien,  pas  le  moindre  agrément, 
rien  qu'une  pluie  d'obus  de  tous  les 
calibres  contre  lesquels  il  n'est  pas  de 
parapluie. 


aérienne  ont  réussira  devancer 
les  colonnes  ennemies  dans  leur 
retraite.  Les  torpilles  volantes  et 
les  fusées  électriques  détruisent 
à  Topambas  plus  de  trois  cents 
locomotives  de  guerre  avec  leurs 
équipages. 


Aujourd'hui.  —  Avec  les  instruments  de 
précision  à  très  longue  portée,  plus  le 
moindre  attrait  à  ce  genre  de  divertissement. 
Kien  que  l'anxiété  nerveuse  des  bombar- 
dements. 


I 


I 


41 


19  mai.  —  Les  Australiens  comptent  se  retrancher  à  Mozambico- 
Ville  et  tenir  en  attendant  la  paix  ou  des  renforts.  Un  corps  de  deux 
cent  mille  Mozambiquois  s'est  embarqué  sur  les  gros  transports  de  ia 
flotte  sous-marine  et  sur  les  aéronefs  de  charge  pour  l'Australie. 

30  mai.  —  Bombardement  etasphjrxie  de  Melbourne.  Les  Austra- 
liens demandent  à  traiter.  Signature  d'un  armistice. 


2 juin.  —  Un  congrès  va  se  réunir  pour  traiter  les  conditions  de 


paix. 


Bombardement  et  asphyxie  de  Melbourne 


Quelques  Croquis  de  Guerre 


i 


JADIS  ET  AUJOURD'HUI 


AUJOUItD  HIII 

l.E  VRAI  NÈGRE  c'est  l 'Européen! 
Qu'on  le  passe  au  cirage  ! 

T3'rannisé  delà  naissance  au  sevrage 
par  sa  nourrice,  du  sevrage  à  20  ans 
par  le  bataillon  scolaire,  de  '20  à  35  par 
son  caporal,  ensuite  par  sa  femme,  son 
député,  sa  belle-mère  et  son  gouver- 
pement,  il  n'a  de  tranquillité  véritable 
que  lorsqu'il  est  tombé  en  enfance. 


Demain. 
Famille  d'Européens  allant  dîner  en  ville  en  1915.  C'est  tout 
à  fait  l'Age  d'or  qui  commence;  non  content  de  se  vitrioler,  de  se 
révolveriseravec  entrain  dans  la  vie  privée, l'Européen,  de  plus  en 
plus  doux  et  civilisé,  éprouve  de  temps  en  temps  le  besoin  de  se 
fusiller,  canonner  et  obuser.  Demain  sans  doute  on  se  scalpera. 
Les  maisons  seront  blindées  et  fortifiées,  le  sentier  de  la  guerre 
restera  toujours  ouvert,  les  distractions  seront  nombreuses  et 
variées:  embuscades,  expéditions,  sacs,  bombardements,  explo- 
sions et  autres  petites  surprises. 

(La  Caricature,  8  Décembre  1883). 


45 


QUELQUES  CROQUIS  DE  GUERRE 

Extraits  de 
LA  VIE  ÉLECTRIQUE  (1890).  suite  du  XX'  SIÈCLE  (1883) 


Ehins  la  Vie  Electrique  il  ne  s'agit  que  de  grandes  manœuvres.  Le 
héros  du  roman,  Georges  Lorris,  lieutenant  dans  l'artillerie  chimique, 
en  voyage  de  flançailles,  en  Bretagne,  reçoit  tout  à  coup  un  pbonogramme 
d'appel  pour  manœuvres  non  prévues. 

MtNISTÈRE    DE    LA    GUERRE 

XII*  Corps  d'Armée  —  Réserve 

Essai  de  mobilisation  et  manœuvres  extraordinaires 

Artillerie  Chimique  et  corps  médical  offensif,  torpilleurs  à  vapeurs  délétères, 
pompistes  et  torpédistes  aériens  sont  convoqués  du  12  au  19  août. 

ORDRE  D'APPEL 

Le  capitaine  Georges  Lorris,  de  la  17*  batterie  du  8*  régiment  d'artilleri 
chimique,  se  rendra  le  12  août,  à  5  heures  du  matin,  à  Chateaulin,  au 
Dépôt  chimique  militaire,  pour  prendre  le  commandement  de  sa  batterie. 

Et  Georges  Lorris  doit  rejoindre  son  corps,  abandonnant  sa  fiancée, 
qui  toutefois  a  la  douce  satisfaction  de  le  deviner,  sous  le  casque  à  tam- 
pon relié  à  un  réservoir  d'oxygène,  défilant  à  la  tète  de  sa  batterie  du 
8'  chimistes. 

Beaux  soldats,  uniformes  élégants,  mais  pas  de  sabres.  On  ne  se 
sert  plus  guère  sur  les  champs  de  bataille  de  ces  instruments  encom- 
brants, de  si  peu  d'eflet.  Par  Bellone,  nous  avons  beaucoup  mieux  que 
ces  glaives,  bons  tout  au  plus  à  découp<;r  les  gigots  en  garnison . 

Nous  avons  beaucoup  mieux,  certes,  avec  notre  joli  catalogued'explo- 
sifs  variés,  qui  commencent,  il  est  vrai,  à  se  démoder  un  peu.  Ne  possé- 
dons-nous pas  la  série  des  gaz  asphyxiants  ou  paralysants,  commode 
à  envoyer  par  tubes  à  petites  distances  ou  par  obus  légers,  simples  bon- 
bonnes facilement  dirigées  à  30  ou  40  kilomètres  de  nos  canons  élec- 
triques 1  Et  V Artillerie  miasmatique  du  corps  médical  offensif  !  Elle  est  en 


46 


train  de  s'organiser,  mais  ses  redoutables  boîtes  à  miasmes  et  ses  obus  à 
microbes  variés  commencent  à  être  appréciés. 

Ah  oui  !  nous  avons  mieux  que  l'antique  coupe-choux,  mieux  que 
tous  les  instruments  perforants  et  contondants  qui,  pendant  tant  de 
siècles,  furent  les  principaux  outils  des  batailles  !  Quelques  espiits  cha- 
grins, contempteurs  du  progrès,  osent  les  regretter  et  prétendent  que  ces 
merveilles  de  la  Science  appliquées  à  la  guerre,  ont  tué  la  Vaillance  et 
supprimé  cette  belle  poussée  du  cœur  qui  jetait  les  hommes  en  avant 


Les  Bombardes  roulantes. 


sur  l'ennemi,  dans  la  lutte  ardente  et  loyale.  D'après  eux,  feu  LE  COU- 
RAGE MILITAIRE,  inutile  et  impuissant  désormais,  se  trouve  remplacé 
par  une  résignation  fataliste,  par  la  passivité  des  cibles.. 

Les  armées  d'aujourd'hui  sont  des  organismes  extraordinairement 
compliqués,  dont  tous  les  rouages  et  ressorts  doivent  marcher  avec  une 
sûreté  et  une  précision  absolues.  Pour  que  la  machine  fonctionne  con- 
venablement il  faut  que  tous  les  éléments  qui  la  constituent,  tous  les 
accessoires  divers  s'emboîtent  avec  la  plus  grande  régularité,  sans 
à-coup  ni  frottement. 

Il  le  faut  bien,  hélas  1  et  maintenant  plus  que  jamais  1  Le  Progrès  qui, 
d'après  les  suppositions  de  nos  bons  rêveurs  des  siècles  passés,  devait, 
dans  sa  marche  triomphale  à  travers  les  civilisations,  tout  améliorer. 


47 


hommes  et  institutions,  et  Faire  à  jamais  régner  la  Paix  universelle,  le 
Progrèsayant  multiplié  les  contacts  entre  les  nations  ainsi  que  les  con- 
flits d'intérêts,  a  multiplie  tle  même  les  causes  et  les  occasions  de 
guerre. 

Les  mœurs,  les  habitudes,  les  idées  d'aujourd'hui,  enfin,  diffèrent  des 
idées  d'autrefois  autant  que  le  monde  politique,  en  sa  constitution 
actuelle,  diffère  du  monde  politique  de  jadis.  Qu'était  ce  que  la  petite 
Europe  du  xix'  siècle,  régentant  les  continents  de  par  la  puissance  que 


.r  , 


.  /"- 


\.K  Gl  KRHB    MlASMATlQIE 

Organisation  du  Corps  médical  ofTensir. —  Concentration  des  miasmes  et 
leur  emploi  généralisé  dans  les  opérations  militaires. 


lui  fournissaient  ses  Sciences  —  à  l'état  embryonnaire  pourtant,  mais 
dont  elle  seule  monopolisait  la  possession?  L'Europe  seule  comptait. 
Maintenant,  la  Science  s'étant,  comme  un  flot  d'inondation,  répandue 
également  sur  toute  la  surface  du  (îlobe,  a  mis  tous  les  peuples  au  même 
niveau,  ou  à  peu  près,  aussi  bien  les  vieilles  nations  méprisées  de  l'Asie 
que  le»  peuples  tout  jeunes  (nés  de  quelques  douzaines  d'émigrants  ou 
d'un  noyau  de  convicts  et  d'outlàws)  dans  les  solitudes  lointaines  des 
Océans.  Maintenant  loutl'Univers  compte,  car  il  possède  les  mêmes 
explosifs,  les  mêmes  engins  perfectionnés,  les  mêmes  moyens  pour' 
l'attaque  et  la  défense. 


48 


Les  idées  n'ont  pas  moins  changé,  ô  rêveurs  de  l'Universel  Embrasse- 
inent  entre  les  peuples,  doux  utopistes,  innocents  et  naïfs  historiens 
qui  flétrissiez  les  violences  d'autrefois,  aussi  bien  les  guerres  de  conquêtes 
entreprises  par  quelque  prince  ambitieux  en  vue  d'arrondir  ses  Etats 
avec  quelques  méchantes  bribes  de  provinces,  que  les  guerres  allumées 
par  la  Vanité  des  Nations,  sans  motifs  intéressés,  uniquement  pour  éta- 
blir la  suprématie  d'une  race  sur  une  autre. 

O  doux  rêveurs!  ô  poètes  I  II  s'agit  bien  de  ces  vétilles,  querelles  de 
princes  ou  querelles  de  peuples,  petites  guerres  de  monarques  se  dispu- 
tant, dans  le  tohu-bohu  du  Moyen- Age,  la  possession  de  quelque  maigre 
duché,  troubles  intérieurs  de  nationalités  en  train  de  se  constituer  ou 
même  grandes  guerres  entreprises  pour  l'établissement  ou  la  conserva- 
tion d'un  certain  équilibre  entre  les  nations  1 

Fadaises  que  tout  cela  !  Ces  luttes,  ces  querelles  sanglantes  que  vous 
flétrissiez  si  vigoureusement,  c'était  tout  de  même  la  manifestation  d'un 
confus  idéalisme  régnant  sur  les  cerveaux  ;  les  plus  enragés  guerroyeurs 
ne  parlant  que  de  droit,  toujours  on  croyait  ou  l'on  prétendait  combattre 
pour  le  droit,  ou  la  liberté  ou  même  la  fraternité  des  peuples  en  ce  temps- 
là. 

Aujourd'hui,  c'est  le  règne  du  réalisme  dominateur  I  Nous  faisons  la 
guerre  autant  et  même  plus  qu'autrefois,  non  point  pour  des  idées 
creuses  ou  des  rêveries,  mais  au  contraire,  en  vue  de  quelque  avantage 
sérieux  et  palpable,  de  quelque  profit  important. 

L'industrie  d'une  nation  périclite-t-elle  parce  qu'une  autre  nation, 
voisine  ou  éloignée,  possède  les  moyens  fournis  par  la  nature  ou  l'indus- 
trie de  produire  à  meilleur  compte?  Une  guerre  va  décidera  qui  doit 
rester  le  marché,  par  la  destruction  des  centres  industriels  du  vaincu,  ou 
par  quelque  bon  traité  imposé  à  coups  de  torpilles. 

Notre  commerce  a-t  il  besoin  de  débouchés  pour  le  trop-plein  de  ses 
produits?  Bellone,  avec  ses  puissants  engins,  se  chargera  d'en  ouvrir. 
Les  traités  de  commerce  ainsi  imposés  ne  durent  pas  longtemps,  soit; 
mais  en  attendant,  ils  font  la  richesse  d'une  génération,  et  quand  ceux- 
ci  seront  déchirés,  nous  trouverons  bien  d'autres  occasions  1  » 


Suivant  le  thème  des  manœuvres,  l'ennemi  représenté  par  un  autre 
corps  (l'armée,  était  supposé  avoir  pris  Brest,  en  glissant  dans  le  port 
une  nuée  de  sous-marins.  Il  marchait  sur  Rennes  et  cherchait  à  le  débor- 
der par  son  escadre  aérienne. 

Le  8' chimistes,  rassemblé  en  deux  heures,  s'aligne  avec  ses  vingt 
batteries  étincelantes,  ses  hommes  équipés  pourvus  de  sept  jours  de 
boulettes  de  viande  concentrée. 


49 


Le  corps  médical  offensif  arrive  en  quatre  sections  avec  son  parc  à 
microbes,  en  même  temps  que  paraissaient  dans  le  ciel  les  torpédistes 
aériens  sortant  de  leur  dépôt.  Les  gros  aéronefs,  précédés  d'une  nuée 
d'éclaireurs  torpédistes,  s'avancent  sur  une  seule  et  immense  ligne 
dont  les  intervalles  s'élargissent  de  plus  en  plus,  de  façon  à  embrasser 
le  plus  possible  d'horizon. 


Les  éclaireurs  à  tiélicoptères  renseignent  les  batteries  par  téléphone. 


Les  forces  terriennes  se  déploient  aussi  :  les  bombardes  roulantes 
arrivent  par  les  routes,  avec  les  sections  de  mitrailleurs  et  les  torpé- 
distes. 

»      * 


Dans  l'album  Im  Guerre  au  XX'  Siècle  (1887),  il  ne  s'agit  pas  de 
manœuvres.  Fabius  Molinas.de  Toulouse,  du  18*  Aérostiersde  la  Terri- 
toriale, vole  à  la  frontière  menacée,  comme  canonnier  de  2'  classe,  sur 
l'aéronef  YEpervier. 

Au  jour  levant  une  odeur  nauséabonde  réveille  Molinas  dans  son 
hamac  ;  il  monte  sur  le  pont  de  YEpervier  qui  file  à  travers  un  brouillard 


50 


épais.  L'escadre  croisait  une  division  de  brouillardiers  volants  en  train 
de  couvrir  la  frontière  d'un  nuage  opaque  destiné  à  dissimuler  les 
opérations. 

Premiers  coups  de  canon:  l'escadre.attaquait  un  corps  de  blockhaus 
roulants  ennemis  arrêtés  dans  leur  marche  par  le  brouillard. 

Fabius  Molinas,  au  cours  des  événements,  change  plusieurs  fois 
d'affectation.  Promu  sous-ingénieur  commandant  un  blockhaus  roulant 
d'avant  garde,  il  a  participé  à  l'enlèvement  d'une  place  forte. 

Mais  les  chimistes  ennemis,  s'étant  glissés  la  nuit  dans  un  faubourg, 
mettent  en  batterie  leurs  redoutables  engins.  Avec  une  demi-douzaine 
d'obus  à  gaz,  tout  est  asphyxié  dans  la  ville,  les  habitants  et  les  troupes 
d'occupation.  Tout  a  péri,  sauf  Fabius  Molinas  qui,  par  un  hasard  pro- 
videntiel, venait  justement  de  descendre  dans  les  caves  pour  une  réqui- 
sition, et  pénétrait  au  moment  de  l'explosion  dans  un  caveau  sans  com- 
munication avec  l'air  extérieur. 

Revenu  à  lui  après  trente-six  heures  d'évanouissement,  Molinas  a 
l'heureuse  chance  de  faire  sauter  le  réservoir  à  miasmes  de  l'ennemi,  ce 
qui  déchaîne  subitement  sur  cet  ennemi  d'effroyables  épidémies, 
auxquelles  l'armée  française  n'échappe  qu'au  moyen  d'un  brouillard 
isolateur  qui  lui  permet  d'abandonner  sans  pertes  la  région  contaminée. 

Fabius  Molinas,  lieutenant  de  mitrailleurs,  prend  part  à  bien  des 
combats  avec  ses  pompes  à  mitraille.  Après  un  passage  comme  ingé- 
nieur torpédiste  sur  un  torpilleur  sous-marin,  il  retourne  à  l'aviation, 
et  sur  le  Voltigeur  aérien  39,  poursuit  de  longues  croisières  au-dessus  de 
divers  continents.  Dans  une  dernière  bataille  entre  les  flottes  aériennes, 
le  Voltigeur  39,  victorieux  d'un  aéronef  ennemi,  tombe  avec  de  glorieuses 
avaries  sur  une  riche, villa  de  Mexico. 

Et  soigné  par  la  demoiselle  de  la  maison,  dans  le  cœur  de  laquelle  il 
est  entré  par  effraction,  Fabius  Molinas,  aussitôt  rétabli,  va  devenir 
l'heureux  époux  de  la  charmante  senorita,  et  la  ramènera  en  France  sur 
son  Voltigeur  39,  dont  les  glorieuses  blessures  sont  aussi  cicalrisées. 


/ 


Prix  :   6  Francs